Fédération Française d'Athlétisme (F.F.A) :

Retrouvez un maximum d'infos sur l'athlé français (Piste, Route, Cross, Trail, Loisirs, Compétitions,...), résultats, minimas, photos,...

Pour cela c'est très simple, rendez-vous sur le site de la FFA : www.athle.com

 

Minima pour les France - Saison Estivale 2010 :

Grâce au lien ci-dessous, vous allez découvrir les minimas qualificatifs aux Championnats de France Jeunes, Elite et Nationaux pour la saison estivale 2010. Vous accéderez tout d'abord aux minimas "Cadettes" puis vous pourrez visualiser les autres catégories en cliquant sur le lien correspondant.

http://www.athle.com/asp.net/main.html/html.aspx?htmlid=46

NB : pour les "nouvelles épreuves" des Cadets et Cadettes, il n'y a pas de minimas mais les qualifications seront établies sur les bilans des performances réalisées lors des Départementaux, Régionaux ou Pré-France !!!

Rappel : le minima A (le plus dur) qualifie les athlètes automatiquement et il est a réaliser sur toute la saison (jusqu'à la date limite fixé par la FFA). Le minima D (un peu moins dur) qualifie les athlètes automatiquement s'il est réalisé lors des championnats de l'Oise, de Picardie ou Interrégionaux.

Enfin le minima E peut qualifier les athlètes (après réunion de qualification à la FFA) s'il est réalisé lors des championnats de l'Oise, de Picardie ou Interrégionaux.

Voila, à vous de jouer !!!

 

Championnats du Monde en salle :

Teddy TAMGHO : Champion du monde et recordman du monde !!!

Il a fallu attendre le dernier essai de la dernière épreuve de ces championnats du Monde en salle pour voir l'Equipe de France décrocher sa première médaille.

Mais l'attente valait le coup avec un après-midi de folie pour l’équipe de France et Teddy Tamgho. A seulement 20 ans, l’élève de Jean-Hervé Stievenart s’offre le titre et le record du monde en salle du triple saut à son sixième et dernier essai avec un bond à 17,90 m. Il écrit ainsi une des plus belles pages de l’histoire de l’athlétisme français. Myriam Soumaré a pris la 8ème place de la finale du 60 m en 7’’29.

Salim SDIRI est maudit . Deuxième avant le sixième et dernier essai, Salim a vu s’envoler la médaille dans les toutes dernières minutes du concours de la longueur. Avec 8,01 m, il échoue au pied du podium. Pas à 100 % en raison d’une douleur à l’ischio droit, la frustration n’en est que plus grande. Place d’honneur également pour Antoinette Nana Djimou, 5e au pentathlon avec 4618 points et encore toute proche du record de France de la spécialité. Ronald Pognon (6e du 60 m) et Mahiedine Mekhissi (8e du 1500 m) n’ont pas non plus démérité.

Vendredi noir pour les Bleus !!! La première journée des Championnats du Monde en salle de Doha n’a pas franchement souri aux Bleus. Renaud Lavillenie et Ladji Doucouré ont déjà quitté la compétition. Le premier n’a pas réussi à se dépêtrer de qualifications très piégeuses. Quant au deuxième, il a été contraint à l’abandon en séries du 60 m haies après une blessure au bout de vingt mètres. Heureusement, Teddy Tamgho au triple saut, Salim Sdiri à la longueur et Mahiedine Mekhissi-Benabbad sur 1500 m sont en finale. Avec de légitimes ambitions.

 

Barêmes de Classement F.F.A (Athlètes et Clubs) saison 2009-2010 :

Vous allez découvrir les nouveaux barêmes de classements édités par la F.F.A pour la saison qui vient de démarrer (2009-2010). Nouveauté : les classements s'établissent pour l'année civile (du 1er janvier au 31 décembre) comme les bilans et les changements de catégorie = logique !!!

Donc vous pourrez être classé à un niveau jusqu'au 31décembre 2009 (un classement des clubs français sera établi à cette date) puis à un autre à partir du 1er janvier 2010 (les compteurs seront alors remis à zéro et ce jusqu'à fin 2010). C'est là que tout commencera réellement.

Documents à télécharger (3 pages) : Tableaux (CA à VE) masculin et féminin ainsi que la grille des barêmes qui récapitule toutes les possibilités de classement en fonction des catégories (EA à VE4 !!!), des licences (Compétition, Loisir, Encadrement) ou des pratiques (Piste, Cross, Route, Montagne, Entrainement, Jury, Dirigeant,...). Vous pouvez aussi consulter la circulaire fédérale qui résume très bien tout çà.

Pour l'instant toutes les modalités de classement ne sont pas disponibles et il y a un lien direct vers le site de la FFA pour les tables Benjamins, Minimes et Vétérans. A suivre...

BAREMES_CLASSEMENT_DES_CLUBS.pdf

CIRCULAIRE_FFA_CLASSEMENT_DES_CLUBS.pdf

http://www.athle.com/asp.net/main.html/html.aspx?htmlid=104

 

Minimas pour les France - Saison hivernale 2009/2010 :

Grâce au lien ci-dessous, vous allez décourvrir tous les minimas qualificatifs aux Championnats de France pour la saison hivernale 2010. Vous accéderez tout d'abord aux minimas "Cadette" puis vous pourrez visualiser les autres catégories en cliquant sur le lien correspondant.

http://www.athle.com/asp.net/main.html/html.aspx?htmlid=13

Rappel : le minima A (le plus dur) qualifie les athlètes automatiquement et il est a réaliser sur toute la saison (jusqu'à la date limite fixé par la FFA). Le minima D (un peu moins dur) qualifie les athlètes automatiquement s'il est réalisé lors des championnats de Picardie ou Interrégionaux.

Enfin le minima E peut qualifier les athlètes (après réunion de qualification à la FFA) s'il est réalisé lors des championnats de Picardie ou Interrégionaux.

Voila, il n'y a plus qu'à !!!

 

TRAIL TOUR NATIONAL 2010 :

En 2010, le Circuit de la FFA regroupera 20 dates et s’ouvrira à tous les "Trailers" en France.
Lancé par la Fédération Française d’Athlétisme en 2008, le Trail Tour National avait pour objectifs de créer un circuit, reconnaissance officielle du trail, et une forte émulation auprès des athlètes de trails français.
Véritable réussite populaire et festive, fidèle à l’essence de la discipline et à ses valeurs de respect de l’environnement, ce Circuit se tourne vers le grand public en s’ouvrant aux trails courts.
C’est pour fédérer tous les amoureux des trails que la Fédération a choisi de créer deux classements au sein du Trail Tour National : un sur les "Trails courts" (20 à 42km) et un sur les "Trails" (plus de 42km)*.

Le Circuit :
Le Trail Tour National 2010 est composé de 2 circuits :
  - Un circuit Trail Court avec des épreuves de 21km à 41km
  - Un circuit Trail avec des épreuves de 42km à 80km

Les titres décernés :
Pour briguer le titre de Champion de France, les athlètes devront être licenciés à la FFA (licence compétition valide lors de chaque épreuve). Les titres suivants seront décernés à l'issue du TTN :

Circuit Trail Court :

Circuit Trail :

- Champion de France Masculin

- Champion de France Masculin

- Championne de France Féminine

- Championne de France Féminine

- Champion de France Vétéran Masculin

- Champion de France Vétéran Masculin

- Championne de France Vétéran Féminin

- Championne de France Vétéran Féminin

Un athlète ne pourra pas briguer le titre sur les 2 circuits. Il ne pourra pas figurer parmi les 10 meilleurs du classement du Circuit Trail et du circuit Trail court. Sera conservée sa meilleure place sur l'un des 2 circuits. S'il obtient 2 fois la même place, il sera classé sur le Circuit Trail.

Le calcul des points :
Chaque épreuve attribuera des points en fonction du classement, du nombre d'arrivants et du degré de difficulté.
Nouveau : Afin d’augmenter la confrontation entre athlètes sur le Trail Tour National, deux épreuves Trail et deux épreuves Trail Court baptisées "Epreuves bonus" verront leurs points multipliés par un coefficient 1,5.
Ces épreuves changeront tous les ans. En 2010, les "Epreuves bonus" sont le Trail de la Drôme et le Sparnatrail pour le Circuit Trail Court, et le Trail du Nivolet Revard et le Trail de la Côte d’Opale pour le Circuit Trail.
Le classement final Trail Court du "Trail Tour National" ainsi que l'attribution des titres nationaux se feront par addition des scores obtenus sur cinq (5) épreuves : meilleur score obtenu sur l’un des deux Trails Courts Bonus + quatre (4) meilleurs scores obtenus lors des autres Trails Courts du Circuit.
Le classement final Trail du "Trail Tour National" ainsi que l'attribution des titres nationaux se feront par addition des scores obtenus sur quatre (4) épreuves : meilleur score obtenu sur l’un des deux Trails Bonus + trois (3) meilleurs scores obtenus sur les autres Trails du Circuit.

Trail
14/02
Gruissan Phoebus Trail (11)
20/03 Eco Trail de Paris Ile de France (75-78-92)
02/05 Trail du Nivolet Revard (73) - Epreuve bonus
23/05 Lozère Trail (48)
06/06 Pilatrail (42)
20/06 Trail de la Vallée des lacs (88)
20/06 Marathon des Burons (48)
26/06 Trail 56 Golfe du Morbihan (56)
12/09 Trail de la Côte d’Opale (62) - Epreuve bonus
24/10 Course des Templiers (12)

Trail court
10/01
Trail Blanc de Serre Chevalier (05)
18/04 Trail Drôme Lafuma (26) - Epreuve bonus
09/05 Trail des Forts du Grand Besançon (25)
23/05 Les Gendarmes et Voleurs de Temps (87)
12/06 Trail Faverges Odlo (74)
26/06 Sur les traces du loup (41)
01/08 Trail Via Romana (2B)
29/08 Trail des Châteaux (86)
17/10 Trail des Hauts Pays (59)
14/11 Sparnatrail (51) - Epreuve bonus

Soirée des étoiles : Lavillenie au sommet !!!

A seulement 23 ans, Renaud Lavillenie a été élu athlète de l’année lors de la soirée de gala de l’athlétisme français organisée au Touquet. Il a devancé le steepleur Bob Tahri et son camarade perchiste Romain Mesnil.

Tout va si vite avec lui. Alors, forcément, le trophée de l’athlète de l’année ne pouvait pas lui échapper. Renaud Lavillenie a reçu hier soir, des mains de Bernard Amsalem, Président de la Fédération Française d’Athlétisme, le "Prix Athlé Mag" qui récompensait le meilleur représentant tricolore de la saison 2009. Un vote auquel ont pu prendre part les internautes d’athle.com et les lecteurs du magazine fédéral. Le perchiste cognaçais de 23 ans a devancé Bouabdellah Tahri, médaillé de bronze à Berlin sur 3000m steeple avec un record d’Europe à la clé, et Romain Mesnil, deuxième des Championnats du Monde à la perche. C’était lors de la soirée de gala, organisée au Touquet avec le concours du Conseil Général du Pas-de-Calais, représenté entre autres par Didier Hiel, Vice-Président chargé des Sports. Titré aux Championnats d’Europe en salle, médaillé de bronze aux Mondiaux, Lavillenie a surtout marqué les esprits avec ses 6,01 m de Leiria à l’occasion des Championnats d’Europe par équipes. Une performance qui lui a permis d’effacer des tablettes son idole Jean Galfione. "Quand j’ai regardé la presse, j’ai vu que j’étais en tête des pronostics, raconte le protégé de Damien Inocencio à Clermont-Ferrand. Mais je suis quand même étonné car je ne suis pas le seul à avoir réalisé des choses remarquables. C’est une surprise mais surtout une grande satisfaction. C’est une sorte de reconnaissance. Il faut savoir en profiter."

Dans la salle de réception de l’hôtel Westminster, qui accueillait pour la première fois le gratin de l’athlétisme tricolore, d’autres athlètes ont été récompensés entre le foie gras et le carré de veau. Le prix de la performance de l’année a été attribué à Bob Tahri, absent pour cause de stage au Kenya en compagnie de Mehdi Baala, pour son double record d’Europe du 3000 m steeple. Celui de l’esprit d’équipe a été remis à Romain Mesnil. Quant au prix de la combativité, il a été remis à Antoinette Nana Djimou Ida, remarquable et remarquée dans sa robe de soirée noire et rouge. Enfin, l’espoir de l’année est logiquement Christophe Lemaitre, champion et recordman d’Europe du 100 m grâce à ses 10"04 à Novi-Sad en juillet. A 23h30, la soirée ne faisait que commencer…

Bilan du DTN après Berlin

Quel bilan tirez-vous des Championnats du Monde à Berlin ?
Ghani YALOUZ (DTN) :
Nous revenons d’une compétition de très bon niveau, qui a bénéficié d’une organisation excellente. Le public berlinois fut remarquable dans le stade comme au quotidien, ce qui reste un point essentiel dans la préparation des athlètes. Pour l’Equipe de France, je retiens le formidable esprit d’équipe qui a régné. Nous avions souhaité que ces Championnats soient l’occasion d’une première approche des grandes compétitions internationales pour la jeune génération. Et l’objectif fut atteint : les 66 athlètes ont prouvé qu’ils étaient des conquérants, qu’ils étaient là pour "mouiller le maillot". Cela témoignait de la fierté de chacun de représenter son pays, de prendre plaisir dans sa discipline, et de démontrer ses capacités dans le contexte le plus difficile qui soit, avec 200 nations réunies pendant 9 jours de haute compétition.
Cet état d’esprit, celui de "la gagne" a d’ailleurs traversé la délégation entière : encadrement technique, équipe médicale, partenaires… tous ont su témoigner d’une mobilisation enthousiaste et d’un engagement solidaire. Chacun à son niveau, et selon son ancienneté, a œuvré à faire de ces Championnats un moment fort, professionnel et joyeux. Je salue ici tout particulièrement les entraineurs qui ont gardé une lucidité experte jusqu’au bout des épreuves. A toute la délégation mes remerciements, aux 14 finalistes français ma reconnaissance pour leur audace, et mon admiration toute particulière à nos 3 médaillés : Bouabdellah Tahri, à Romain Mesnil et Renaud Lavillenie. J’en suis sûr et j’ai confiance : ensemble nous irons loin !


Comment voyez-vous l’avenir ?
Ghani YALOUZ (DTN) :
Sur la base de ces résultats prometteurs, nous devons sereinement nous projeter vers l’avenir. Seuls les Championnats du Monde d’athlétisme nous permettent d’être très proches des conditions des Jeux olympiques : c’est une chance pour les athlètes, qui ont su à Berlin démontrer leur capacité à appréhender des enjeux importants. Une tension individuelle qui a profité d’un collectif porteur.
C’est donc sur cette base que nous allons capitaliser, que nous allons continuer de construire et de travailler dur pour aborder Londres 2012 au meilleur de notre forme. Car nos ambitions demeurent très élevées. Nous analyserons dès septembre ces Championnats pour identifier avec lucidité nos atouts et les opportunités de médailles qui se profilent : nous possédons de grands techniciens pour mener sur des disciplines prioritaires nos jeunes talents vers la victoire et de grandes performances. En ce sens, sous l’impulsion du Président Bernard Amsalem, la Fédération, s’organise pour déployer des moyens ciblés. Il s’agit d’observation et d’écoute des athlètes, et de leurs entraîneurs, mais il s’agit aussi fondamentalement d’analyser et d’évaluer nos concurrents les plus dangereux sur chaque épreuve. Cette initiation aux compétitions internationales, cette confrontation aux meilleurs… se poursuivront donc pour chaque athlète afin d’être prêt à aborder Londres 2012 en toute sérénité, c’est-à-dire en connaissance de ses capacités, sans complexes. 
Je veux convaincre le monde de l’athlétisme qu’il peut faire des merveilles !!!

 

L'équipe de France se relance :

Malgré les incroyables 6,01 m de Renaud Lavillenie, l’équipe de France a échoué au pied du podium de la première édition des Championnats d’Europe par équipes. Quatrièmes derrière, dans l’ordre, l’Allemagne, la Russie et la Grande-Bretagne, les Bleus n’ont pas démérité mais se sont fait dépasser sur le fil par les Britanniques.

A deux mois des Championnats du monde de Berlin, les promesses ne manquent pas. En effet, l’équipe de France a prouvé qu’elle ne manquait pas de réserves. Et s’est sans doute trouvé un nouveau chef de file, aussi simple que talentueux, en la personne de Renaud Lavillenie.

 

Un nouveau DTN pour la FFA :

Après de longues semaines d'attente, de rumeurs fondées ou infondées, c'est désormais officiel, l'ancien lutteur Ghani YALOUZ a été nommé ce lundi DTN de l'athlétisme français par le Secrétaire d'Etat chargé des sports, Bernard LAPORTE, en accord avec Bernard AMSALEM, Président de la Fédération Française d'Athlétisme.

Sa nomination était attendue depuis que la commission d'évaluation du Ministère de la Jeunesse et des Sports, qui avait auditionné huit prétendants au poste le 17 mars, en avait fait son favori. Agé de 41 ans, Ghani Yalouz, vice-champion olympique à Atlanta, est l'ancien DTN de la lutte française et succède à Franck CHEVALLIER.

 

Minimas pour les France - saison estivale 2008/2009:

Grâce au lien ci-dessous, vous allez décourvrir tous les minimas qualificatifs aux Championnats de France pour la saison estivale 2009. Vous accéderez tout d'abord aux minimas "Cadet masculin" puis vous pourrez visualiser les autres catégories en cliquant sur le lien correspondant.

http://www.athle.com/asp.net/main.html/html.aspx?htmlid=51

Rappel : le minima A (le plus dur) qualifie les athlètes automatiquement et il est a réaliser sur toute la saison (jusqu'à la date limite fixé par la FFA). Le minima D (un peu moins dur) qualifie les athlètes automatiquement s'il est réalisé lors des championnats de l'Oise, de Picardie ou Interrégionaux.

Enfin le minima E peut qualifier les athlètes (après réunion de qualification à la FFA) s'il est réalisé lors des championnats de l'Oise, de Picardie ou Interrégionaux.

Voila, il n'y a plus qu'à !!!

 

Championnats d'Europe en salle :

Ladji DOUCOURE = Champion d'Europe

1ère journée : Doucouré, le retour du héros

Quatre ans qu’il attendait ça. Ladji Doucouré a enfin retrouvé la plus haute marche du podium en championnat international en s’imposant au bout du suspens à Turin. En 7’’55, il a devancé pour quelques millièmes le Néerlandais Gregory Sedoc.

La bonne surprise de la journée est venue d’Antoinette Nana Djimou. La spécialiste des épreuves combinées a décroché une médaille de bronze surprise en mettant une belle claque à son record personnel avec 4618 points. Retour sur un après-midi magnifique pour les Tricolores.

« Put..., c’est qui le patron ! » Ces quelques mots prononcés par Ladji Doucouré valent de l’or. Celui de sa médaille européenne décrochée aujourd’hui. Le si poli hurdleur les a prononcés en franchissant la ligne d’arrivée de la finale du 60 m haies en 7’’55. Et en vainqueur. On l’excuse bien volontiers ! La suite ? Un bond prodigieux sur le tapis de protection et un long cri assis à califourchon sur ce dernier, qui ne demandait sans doute pas à être autant martyrisé. L’euphorie avant l’attente. Car, quelques secondes plus tard, c’est un long silence qui s’installait dans l’Oval Lingotto de Turin. Gregory Sedoc, pourtant surtout réputé pour ses départs canons, était revenu comme un mort de faim sur le plat. Pour coiffer Doucouré ? Les deux hommes posaient ensemble pour les photographes en attendant le verdict de la photo finish. Jusqu’à la délivrance pour le Français, vainqueur dans le même temps que le Néerlandais. La course du « Douc » ne restera pas dans les annales sur le plan technique. Il a commis des erreurs, « descendant à la cave » à plusieurs reprises. Mais, justement, c’est là qu’est son plus grand mérite. Car il ne s’est pas découragé, livrant une course de combattant. Celle d’un athlète qui a connu son lot de galères pour toujours finir par se relever. Et puis, la manière, on s’en moque. Ce que l’on retiendra, c’est le titre. Et le sourire malicieux de Doucouré, exhibant devant les journalistes sa convocation à la cérémonie de remise des médailles, prévue demain. Avant de lancer : « Ça faisait longtemps ! » Le protégé de Renaud Longuèvre aurait pu être accompagné sur le podium par le flegmatique Garfield Darien. Longtemps troisième, l’espoir à la technique léchée a tapé la dernière haie, rétrogradant à la sixième place en dix mètres. En 7’’66, il a tout de même confirmé sa superbe demi-finale (7’’63, record personnel égalé). Toujours sur les haies mais chez les femmes, Cindy Billaud a, elle aussi, réussi à intégrer sa première finale chez les seniors à la faveur d’un superbe 8’’05 en demi-finale. En larmes à l’issue de cette dernière course, la hurdleuse de Bussy Saint-Georges a sans doute eu un peu de mal à se remobiliser pour la finale. Septième en 8’’19, elle aura tout de même réalisé un très beau parcours aujourd’hui.

Nana Djimou Ida, le bronze surprise
La deuxième médaille tricolore n’est donc pas venue des haies. Elle a été décrochée par l’inattendue Antoinette Nana Djimou Ida, troisième du pentathlon avec 4618 points, record personnel explosé. Entraînée par Sébastien Levicq à l’Insep, elle a mené sa journée avec une assurance digne des athlètes les plus expérimentées, enchaînant les performances comme des perles. A son niveau sur 60 m haies (8’’38), elle a commencé à penser au podium après avoir battu son record en salle à la hauteur avec 1,77 m. Avant d’enchaîner sur un concours du poids bien maîtrisé (14,16 m). Elle frappait ensuite un grand coup à la longueur, en remportant l’épreuve, record personnel à la clé (6,44 m). Restait le 800 m, une épreuve ne lui laissant pas de très bons souvenirs puisque, encore en lice pour un podium aux Championnats du monde juniors à Grosseto en 2004, elle avait chuté sur la ligne et terminé à une rageante quatrième place. Aujourd’hui, rien de tout cela. Elle a géré sa course intelligemment, en se calquant sur la stratégie de ses adversaires directes. Partie prudemment, elle a accéléré dans le dernier tour pour boucler sa course à la cinquième  place en 2’18’’80 avant de s’écrouler au sol, terrassée par la fatigue.
Dans les épreuves combinées, le secret de la réussite réside dans la capacité à réussir à enchaîner les disciplines en gérant bien les rares moments de repos. Laurence Mandredi et les lanceuses de poids devaient, en quelque sorte, faire face à la même problématique en enchaînant deux concours dans la même journée. La Française s’en est très bien sorti puisque, après avoir passé les qualifications grâce à un jet à 18,05 m ce matin, elle a pris une bonne septième place en finale avec 17,92m. Soit une deuxième finale européenne après 2007 et la preuve d’une belle régularité à ce niveau. Pour les spécialistes du 400 m, l’écueil était aussi de taille avec série et demi-finale aujourd’hui. Malgré une belle résistance, Thélia Sigère (5e 53’’48, record personnel), Symphora Behi (5e en 54’’81), Yoann Decimus (47’’78) et Yannick Fonsat (47’’99) ont vu leur route s’arrêter juste avant la finale. Térésa Nzola Meso Ba (3e avec 14,14 m) et Amy Zongo (6e avec 14,07 m), les triples sauteuses, pourront, elles, défendre leur chance à ce stade. Elles ont en effet toutes deux franchi avec brio le cap des qualifications. Même réussite pour leurs homologues masculins, Karl Taillepierre et Jules Lechanga, qui avaient quelques heures plus tôt eux aussi obtenu leur billet pour la finale alors que Teddy Tamgho quittait prématurément la compétition (lire ci-dessous le résumé de la matinée). Du côté du demi-fond, Bouabdellah Tahri a remporté avec autorité sa série du 3000 m en 7’52’’58. Comme Doucouré, mais pour des raisons différentes, lui aussi attend depuis longtemps de goûter à nouveau à une médaille en championnat international. L’exemple à suivre est tout tracé. Avec la rage de vaincre.

La matinée avait viré au cauchemar pour Teddy Tamgho. Le Français, meilleur performeur mondial de l’année au triple saut, a quitté la compétition dès les qualifications, 13e avec 15,94 m. L’aventure est également terminée pour Patricia Girard sur 60 m haies. Mais les satisfactions ne manquent pas, à l’image des courses pleines de maîtrise de Ladji Doucouré sur 60 m haies et de Bouabdellah Tahri sur 3000 m.

Troisième et dernier essai des qualifications du triple saut. Yeux exorbités, cris pour se motiver, Teddy Tamgho s’élance, piétine et réussit pourtant enfin à rebondir sur une piste d’élan bien difficile à maîtriser. Il retombe entre 17 m et 17,20 m, de quoi prendre la tête du concours. Il se retourne. Drapeau rouge. Il a mordu de moins d’un centimètre. Hagard, le regard perdu, le meilleur performeur mondial de l’année, est, comme souvent cet hiver, seul au monde. Mais il n’a plus la tête dans les étoiles. Treizième d’un concours largement à sa portée avec 15,94 m, le Français ne pourra pas décrocher demain son premier titre international chez les seniors. Un premier essai trop mou, une course d’élan mal réglée et quelques millimètres de trop auront eu raison de ses grandes ambitions. Manque d’expérience ? Déconcentration ? Pression ? Echauffement mal géré ? La contre-performance du sauteur du Ca Montreuil trouve sans doute son explication dans tous ses paramètres. Pour son prochain grand rendez-vous, il y aura peut-être des clés à aller chercher du côté de Karl Taillepierre, son expérimenté compatriote. Ce dernier a parfaitement géré son concours de qualification avec un saut à 16,88 m au 2e essai, trois centimètres au-delà de la marque synonyme de qualification directe pour la finale. Quant au troisième tricolore engagé, Jules Lechanga, il a décroché in extremis son billet pour la finale, 8e avec un saut à 16,49 m au troisième et dernier essai. A eux de contrecarrer les plans de l’Italien Fabrizio Donato, deuxième meilleur performeur mondial de l’année.

Doucouré et Tahri maîtrisent
Si Teddy Tamgho aura encore sans doute de nombreuses occasions de se rattraper ces prochaines années, Patricia Girard disputait une de ses dernières compétitions internationales à Turin. Malheureusement, la vétérane de l’équipe de France n’a pas non plus réussi à franchir le cap des séries. Pas aussi bien partie qu’à son habitude, la pile électrique des haies françaises a été touchée à plusieurs reprises par les adversaires qui l’entouraient. Avant de percuter violemment une haie pour terminer sa course en sixième et dernière position (8’’98). Cindy Billaud, elle, est passée au temps en 8’’18. Toujours sur les haies mais chez les hommes, Garfield Darien s’est lui aussi qualifié au chrono en 7’’78 tandis que Ladji Doucouré assurait tranquillement le coup en prenant la deuxième place de sa série en 7’’70. Même maîtrise pour Bouabdellah Tahri sur 3000 m, facile vainqueur en 7’’52’’58 d’une course finalement plutôt rapide pour une série. C’est en revanche terminé pour Nourredine Smaïl, 9e de sa course en 8’07’’17, et pour Mohamed-Khaled Belabbas qui a abandonné.
Les bonnes surprises sont venues du 400 m où les quatre Français et Françaises engagées se sont qualifiés pour les demi-finales. Au temps pour Thélia Sigère (53’’57), Symphora Behi (53’’81) et Yoann Decimus (47’’22). A la place pour Yannick Fonsat, pourtant diminué par une douleur à un ischio, bon deuxième de sa série en 47’’28 après un départ prudent. Au poids, Laurence Manfredi a, comme très souvent, répondu présente le jour J en obtenant au lancer du poids son billet pour la finale, qui se disputera ce soir, au 2e essai avec un jet à 18,05 m. Dans la même épreuve, Jessica Cerival n’a pas démérité avec un meilleur lancer à 17,07 m. Enfin, au pentathon, Antoinette Nana Djimou Ida est lancée sur de très bonnes bases avec un nouveau record personnel en salle à la hauteur (1,77 m) et un 60 m haies rondement mené en 8’’38. L’après-midi, avec la finale du 60 m haies et la fin du pentathlon, pourrait sourire aux Bleus. Et rehausser le bilan d’une première journée finalement plutôt bien lancée. Mais marquée par la désillusion de Teddy Tamgho, que beaucoup imaginaient déjà sur la plus haute marche du podium.

 

2ème journée : Tahri, un argent qui vaut de l’or

Bouabdellah Tahri a décroché à Turin la troisième médaille tricolore de ces Championnats d’Europe en salle. La couleur ? L’argent, comme en 2007 à Birmingham. Mais avec aucun regret cette fois puisque le Tricolore (7’42’’14) a réalisé une superbe course en s’accrochant le plus longtemps possible à la foulée de l’élégant britannique Mo Farah, vainqueur en 7’40’’17. Grosse déception en revanche pour Karl Taillepierre, 4e au triple saut avec un nouveau record personnel en salle (17,12 m). Avec trois médailles, l’équipe de France n’est plus qu’à une unité de son total anglais d’il y a deux ans. Les perchistes Romain Mesnil et Renaud Lavillenie, Kafetien Gomis à la longueur, Yves Niaré au poids ou encore Yoann Kowal sur 1500 m, tous en finale demain, tenteront de l’améliorer.

On lui a tellement souvent reproché son manque d’audace lors des grandes finales. Mais, aujourd’hui, Bouabdellah Tahri n’a surtout pas à rougir de sa médaille d’argent sur 3000 m. Il a pris ses responsabilités et suivi tant qu’il a pu le Britannique Mo Farah. En bref, il a tout donné pour finalement être battu par plus fort que lui. Et tout athlète de haut niveau vous le confirmera : quand les regrets n’ont pas leur place, une course ou un concours est toujours réussi. A l’arrivée, le Français s’est offert un tour d’honneur avant de raconter, la flamme de la joie et du devoir accompli au fond des yeux, sa course et sa fierté d’enrichir son palmarès. Et, aussi, d’offrir à son entraîneur et à ses proches une médaille pour récompense de leur investissement à ses côtés. Quel contraste avec ses deux précédents podiums au niveau européen, en bronze en 2006 à Göteborg et, déjà en salle et en argent, à Birmingham en 2007. En Suède et en Grande-Bretagne, le steepleur avait été devancé par d’illustres inconnus l’ayant piégé sur le plan tactique. Aujourd’hui, le vainqueur n’est autre que le meilleur performeur mondial de l’année en salle sur 3000 m et un candidat crédible à une médaille mondiale cet été. Les deux hommes se connaissent d’ailleurs très bien puisqu’ils sont partis ensemble en stage, du côté de l’Ethiopie, en fin d’année dernière. Là-bas, Mo Farah menait la plupart des séances longues et le Français revenait immanquablement sur ses talons, voire le dépassait, lors des dernières séries. Le Britannique, dont les qualités de finisseur ne sont pas encore à la hauteur de son foncier, a donc décidé de dynamiter la course dès le départ, bien aidé par ses deux compatriotes britanniques qui l’ont tiré sur environ un kilomètre. Puis il a lui-même assuré le train pour finalement créer un petit trou à deux tours de l’arrivée. La série beaucoup plus lente du demi-fondeur d’Outre-Manche lui a sans doute permis de se présenter plus frais que Tahri à l’attaque de la finale. La preuve que l’enchaînement série et finale en vingt-quatre heures est un paramètre à toujours prendre en compte en demi-fond.
Yoann Kowal saura s’en rappeler. Le jeune Français, actuellement en très grande forme et qualifié pour la finale du 1500 m, devra la jouer fine demain. Aujourd’hui, en série, il a frisé la correctionnelle. Très à l’aise et semblant contrôler la situation dans le dernier virage, il a pris le risque de tenter de doubler un adversaire à la corde. Mais le trou était trop petit et s’est vite refermé. Bousculé, le Français a alors dû effectuer quelques foulées en dehors de la piste avant de relancer miraculeusement dans les derniers mètres pour aller chercher en 3’41’’58 la troisième place directement qualificative pour la finale. En revanche, l’aventure s’est arrêtée là pour Guillaume Eraud. Un peu juste et manquant de rythme, le miler de Franconville n’a pas à rougir de sa 5e place en série en 3’43’’67.

La détresse de Taillepierre
Il n’y a rien de plus cruel qu’une quatrième place. Karl Taillepierre l’a appris à ses dépens. Malgré un concours très régulier et un nouveau record personnel avec 17,12 m, le compagnon de Patricia Girard a échoué au pied du podium au triple saut. Après deux premiers essais mordus, il avait pourtant enchaîné quatre sauts à 16,80 m et plus. Une régularité qui n’a pas été payante puisque le Russe Igor Spasovkhodskiy a atterri trois centimètres plus loin dans le sable turinois. Deuxième avec 17,25 m, l’Ukrainien Viktor Yastrebov a, lui, dû abandonner la victoire à l’Italien Fabrizio Donato. Ce dernier a réveillé un public italien un brin endormi en réalisant un formidable triple bond tout en puissance à 17,59 m. Une marque synonyme de meilleur performance mondial, de record personnel, de record national et de record des Championnats ! La joie de Donato contrastait avec la détresse de Taillepierre, qui est longtemps resté prostré sur la piste avant de quitter le stade sans s’exprimer devant les journalistes. Autre Français sans doute déçu, mais à beaucoup plus longue distance, le sprinteur Ronald Pognon. L’élève de Pierre-Jean Vazel s’est vu chiper son record d’Europe du 60 m (6’’45) par le Britannique Dwain Chambers, auteur d’un impressionnant 6’’42 en demi-finale. La performance de ces Championnats d’Europe pour l’instant.
Sur 60 m justement, Ayodélé Ikuesan et Christophe Lemaitre ont tous deux été éliminés au stade des demi-finales. Dommage car, au vu des chronos réalisés par leurs adversaires, un ticket en finale n’avait rien d’utopique. Mais aux mêmes causes les mêmes effets. Les deux Français ont eu du mal à sortir des starting-blocks. Et n’ont jamais pu revenir sur leurs concurrents sur une distance où une mise en action poussive ne pardonne jamais.

Enfin une finale pour Niaré
Dans la matinée, Kafetien Gomis à la longueur et les deux perchistes Romain Mesnil et Renaud Lavillenie avaient brillamment obtenu leur billet pour leur finale respective. Le premier, après un aller-retour express à son hôtel pour cause d’oubli d’accréditation dans sa chambre, avait fait honneur à sa réputation d’homme du dernier essai. Eliminé avant sa troisième tentative, le Lillois allait en effet sortir un saut plein de rage à 7,99 m. De quoi s’offrir la cinquième place des qualifications. Mais aussi éjecter son compatriote Salim Sdiri (7,91 m) du top 8, qui allait finalement rétrograder à la dixième place. A la perche, les Tricolores ont en revanche réussi un magnifique 100 % de réussite en prenant, s’il vous plaît, les deux premières places de leur concours de qualification avec 5,70 m. Avec, à la clé, un sans-faute pour Lavillenie et un seul échec pour Mesnil. En finale, ils auront tous les deux une très belle carte à jouer, dans une épreuve très dense mais sans grand favori. Même ambition pour Yves Niaré qui participera après huit ans d’attente à sa première finale internationale au lancer du poids. Avec le septième meilleur jet des qualifications (19,76 m), celui qui se surnomme lui-même le « nounours d’Issy-les-Moulineaux » se présentera demain avec la troisième meilleure performance de la saison des engagés. Un podium français au poids n’est pas qu’un doux rêve. Surtout que le recordman de France de la spécialité a avoué en avoir gardé un peu dans le poignet… Quant aux heptathloniens, après quatre épreuves, ils sont lancés sur de bonnes bases. Franck Logel occupe la neuvième place provisoire avec 3260 points. Gaël Quérin est un peu plus loin, 13e avec 3158 points. Le premier nommé a fini la journée épuisé. Une bonne nuit de repos l’attend. Avant de repartir au combat à 9h 15 demain matin avec le 60 m haies. Courage !

 

3ème journée : Le tour de magie de Lavillenie

Avec trois nouvelles médailles, l’équipe de France a conclu de superbe manière ces Championnats d’Europe en salle à Turin. Renaud Lavillenie, 22 ans, a remporté le concours du saut à la perche avec 5,81 m et une vista de grand champion. Avec l’argent d’Yves Niaré au lancer du poids (20,42 m), un podium qui entre dans l’histoire des lancers français, et le bronze de Yoann Kowal sur 1500 m (3’44’’75), les Tricolores ont montré qu’ils avaient de la ressource. Et repartent avec six médailles dont deux d’or d’Italie.

Renaud Lavillenie avait-il fait un sort à la barre aujourd’hui ? Le Cognaçais, passionné de voltige à cheval, a en effet réussi un incroyable tour de magie dans l’Oval Lingotto de Turin. Il est champion d’Europe en salle du saut à la perche à seulement 22 ans, pour sa deuxième année seulement au très haut niveau. Une performance réalisée grâce à quatre sauts consécutifs réussis jusqu’à 5,81 m compris, après déjà un sans-faute en qualification hier. Mais aussi grâce à une insolente réussite, celle des grands champions. A 5,76 m et 5,81 m, le Français a, en effet,  touché la barre lors de l’esquive. Neuf fois sur dix, cette dernière serait tombée. Aujourd’hui, elle avait décidé de rebondir de bons dix centimètres sur les taquets. Pour finalement réatterrir miraculeusement sur ces derniers avant de trembler pendant d’interminables secondes. L’élève de Damien Inocencio à Clermont-Ferrand l’a lui-même souligné, il avait aujourd’hui les dieux du saut à la perche avec lui. Il serait bien sûr très réducteur de réduire son exploit à ce coup de pouce du destin. Le Tricolore a géré son concours avec une assurance de vieux briscard. Plus rapide que jamais, il a fait de sa course d’élan une marque de fabrique. Et prouvé qu’il faudrait, forcément, compter sur lui cet été. Romain Mesnil tirait à l’issue du concours son chapeau au nouveau champion d’Europe. Septième avec 5,61 m, il regrettait amèrement son dernier échec à 5,81 m pour une petite faute de réglages.

On parlait un peu plus haut de miracle. Difficile de ne pas utiliser le même substantif pour décrire la formidable médaille d’argent d’Yves Niaré, la première en championnat international au lancer du poids depuis 28 ans et la 2e place de Luc Viudes à Grenoble, déjà aux Europe indoor. Avec un jet à 20,42 m au dernier essai, le « nounours » d’Issy-les-Moulineaux a enfin su saisir sa chance dans un concours très dense et remporté par le Polonais Tomasz Majewski avec 21,02 m, l’Allemand Ralf Bartels complétant ce podium royal avec 20,39 m. Très régulier, Niaré voit dans sa médaille la concrétisation de sa prise de risque avec le passage au lancer en rotation il y a quelques années. Et imagine déjà des lendemains qui chantent pour le lancer du poids français, qui n’avait pas été à pareille fête depuis très longtemps.

L’avenir, Yoann Kowal l’a devant lui. Comme Mehdi Baala à Gand en 2000, le Français a décroché sa première médaille internationale chez les seniors aux Championnats d’Europe en salle. Et, comme son illustre prédécesseur neuf ans plus tôt, elle est en bronze. Le Périgourdin n’était pas forcément très attendu après les séries, où il avait frisé la correctionnelle. Mais, malgré une erreur tactique, il avait réussi à s’en sortir au prix d’un violent effort dans les vingt derniers mètres démontrant son état de forme. Aujourd’hui, il a bien joué le coup, restant longtemps sagement à la corde. Il a attendu le dernier moment pour porter son effort à deux cents mètres de l’arrivée. Une stratégie récompensée par une superbe médaille de bronze en 3’44’’75 après un finish tout en fréquence.
Kafetien Gomis a failli se couvrir du même métal. Le sauteur en longueur à l’éternel sourire a malheureusement échoué au pied du podium. A l’image de Karl Taillepierre hier au triple saut, il a amélioré son record personnel en réalisant un saut à 8,12 m au troisième essai. Mais ça n’a pas été suffisant dans un concours de très haut niveau, marqué par l’incroyable record d’Europe en salle de l’Allemand Sebastian Bayer avec 8,71 m, qui possédait avant la finale turinoise un record personnel à 8,17 m en plein air. Le Lillois n’est qu’à six centimètres de la troisième place. Un cruel remake puisque, deux ans plus tôt à Birmingham, il avait déjà pris la quatrième place des Championnats d’Europe en salle.

Beaucoup moins de regrets pour les triples sauteuses Térésa Nzola Meso Ba, 5e avec 14,31 m, et Amy Zongo, 7e avec 13,86 m. Les deux Françaises ont fait une belle compétition et ont tracé de beaux jalons pour l’été. Même constat pour les heptathloniens Franck Logel, 7e avec 5926 points, et Gaël Quérin, 8e avec 5886 points (nouveau record de France espoirs), après un doublé plein de panache sur 1000 m. Quant au relais 4 x 400 m hommes, il a terminé à la sixième et dernière place de la finale en 3’11’’27. Yoann Décimus, Nicolas Fillon, Yannick Fonsat et Brice Panel n’ont pas pu défendre à 100 % leurs chances puisque les deux derniers nommés étaient diminués par une blessure.
Avec trois médailles, une de chaque métal, pour cette dernière journée de compétition, l’équipe de France repart de Turin avec six podiums, record personnel égalé à l’extérieur pour des Championnats d’Europe en salle. « Pour mon dernier bilan en tant que directeur technique national, les résultats sont satisfaisants, juge Franck Chevallier. Je tiens à souligner le travail des coaches. L’équipe de France progresse mais il faut encore travailler. Ce que je veux retenir avant tout de cette compétition, c’est le bon état d’esprit des Bleus. Quand Renaud (Lavillenie) est monté sur plus haute marche du podium, tous nos athlètes ont entonné La Marseillaise. » La page pékinoise est définitivement tournée.

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